J’écris ton nom – Le film des CAP+ du campus de Montgermont

J’écris ton nom – Le film des CAP+ du campus de Montgermont

Publié par Christopher Lemennais le 08 juillet 2026

Montgermont. Andreï, Ukrainien ; Jawid, Afghan ; Ismaël, Soudanais, sont au centre de formation des apprentis. Leur classe, composée de réfugiés, fait l’objet d’un documentaire.

Ici, le centre de formation des apprentis (CFA) dédié aux métiers du bâtiment a un petit truc en plus. Depuis 2018, il a mis en place une certification à quadruple professionnelle, le spécial (CAP+), un parcours sur trois ans au lieu de deux, destiné aux jeunes réfugiés. Cette année supplémentaire leur permet de maîtriser le français et de reprendre un parcours scolaire, tout en étant alternativement dans une entreprise.

Une formule qui marche et a déjà formé plusieurs dizaines d’apprenants. Cécile Pellerin, leur professeure de français et cheville ouvrière du dispositif depuis le début, se creuse la tête chaque année pour créer un projet pédagogique qui fédère sa classe, mais aussi rayonne à l’extérieur. En 2025, c’est un film qui va être projeté, mis en libre accès sur le public.

« J’écris ton nom », c’est le titre de ce documentaire d’une heure. Les élèves s’inspirent du poème Liberté, composé par Paul Éluard en 1942, pendant la guerre. Une ode à l’espoir, à la résistance et même parfois qui résonne avec eux.

Le premier apprenant d’Ukraine arrive en France. Andreï, Ukrainien ; Ismaël, Soudanais ; Siko, Malien ; Jawid, Afghan ; tous avaient des vies qu’ils ont dû laisser et recommencer ailleurs, ils dévoilent un peu de leur vie là-bas, leurs souvenirs d’enfance, leur vie ici. Avec humour, ils notent que nous sommes un pays à assiettes, qu’il n’en a jamais vu autant avec chaque lieu usagé. Une autre confie que vivre seul est un …

… qui n’existait jamais dans son pays.

Par petites touches, le spectateur entrevoit ce que cela représente comme déracinement pour ceux qui sont souvent désignés comme des migrants affamés. Au milieu de leurs témoignages, les professeurs qui les guident auprès des entreprises aussi leurs démarches pour intégrer ces jeunes au quotidien.

Une balade dans Rennes est organisée pour comprendre la laïcité, en regardant les symboles devant les écoles et les lieux de culte. Des cours de théâtre sont proposés pour apprendre à poser sa voix et bien sûr, la formation dispense tout l’apprentissage de leur métier de carreleur, maçon, peintre…

Ce film est une belle occasion de battre les clichés en brèche. Les élèves du CAP+ sont tous en poste dans des entreprises du bassin rennais qui applaudissent à deux mains l’initiative. Cela répond à la fois aux besoins des employeurs, qui manquent de candidats dans ces métiers depuis des années, et au souhait de ces réfugiés de travailler pour vivre dignement en France.